13 octobre 2011

Ca balance pas mal à Montréal !

Un peu de douceur dans ce monde de brutes... Souvenez-vous de cette époque bénie où, enfant, vous tentiez de vous envoler dans les airs, cramponné à votre balançoire, en vous élançant de toute votre force pour aller le plus haut possible ? Bon, vous êtes adultes à présent, vous avez bien maintes et maintes fois recroisé le chemin d'une (très tentante) balançoire mais avez toujours refréné votre envie de vous ruer dessus car vous pensez avoir (malheureusement) passé l'âge de pouvoir en toute liberté jouir de ce type d'amusement... Si vous vous reconnaissez ici, vous allez alors très sûrement apprécier l'opération canadienne suivante.
Nous allons sortir le temps de cet article de toute logique marketing destinée à promouvoir une marque, un produit ou une cause, pour nous concentrer sur un exercice à vocation artistique qui a beaucoup fait parler chez nos amis québecois. De par sa mise en scène grandeur nature et le buzz qu'il a suscité, j'ai eu envie aujourd'hui de vous parler de ce très joli projet.

Depuis quelques décennies, l'espace urbain s'est peu à peu muté en un milieu extrêmement chargé, bourré d'informations hétéroclites ayant complétement envahies nos rues. Sur-consommation, sur-information... en conséquence, on assiste à une véritable omniprésence des affiches publicitaires et autres billboards à caractère commercial dans notre environnement quotidien. Nous avons déjà vu dans plusieurs articles de ce blog que certaines campagnes d'affichage pouvaient être esthétiques et très bien pensées, mais la grande majorité d'entre elles est au contraire bien souvent sans grande qualité visuelle et peut parfois amener à dénaturer l'emplacement choisi. Mais ne blâmons pas non plus entièrement la publicité, elle n'est pas la seule cause de "déshumanisation" de notre environnement citadin. L'utilisation de chaque m² doit aujourd'hui être optimisée au maximum : buildings, parkings... tout est fait pour maximiser le potentiel économique des surfaces urbaines utilisables ; mais qu'en est-il au final de notre qualité de vie ? Face à toute cette surexposition d'informations, de béton et autres matériaux antagonistes du "naturel", un nouveau courant se développe depuis ces dernières années : il s'agit d'une véritable volonté de réappropriation de l'espace urbain par la population. Se réapproprier les villes c'est tout simplement rendre à notre environnement urbain un aspect plus humain, plus convivial, bref, plus agréable au quotidien. De la verdure, des espaces aérés moins suffocants, le recours à des matériaux naturels tels que le bois pour les constructions diverses, des aménagements plus gracieux... les solutions pour rendre nos villes plus respirables sont nombreuses et ont le vent en poupe.

En avril dernier dans le cadre d'un projet de réappropriation de l'espace urbain, deux artistes designers canadiennes, Mouna Andraos et Melissa Mongiat, ont eu l'idée d'inviter les habitants de Montréal de tous âges à revivre ce joli moment d'enfance qu'est l'utilisation d'une balançoire. A la frontière entre jeu, mobilier urbain, création musicale et expérience coopérative, l'opération a été baptisée "21 balançoires". Et pourquoi la balançoire ? Car selon les deux designers elle correspond à une manière pacifique de s'approprier l'espace public, elle est une invitation universelle à jouir de biens communs.

Mais en quoi consiste ce projet vous demandez-vous ? Alors, "21 balançoires" c'est un projet constitué de 21 balançoires installées en plein Montréal... (logique jusque là) Mais c'est surtout bien plus qu'un simple espace de jeux à disposition des badauds puisqu'il s'agit d'un véritable appel à la création musicale et à la coopération adressé à tous, sans distinction d'âge, d'origine, de milieu social, ou même de compétences en musique. 
L'idée : inviter les gens à participer à la composition d'une musique d'inspiration classique grâce à l'utilisation d'une dizaine de balançoires... 

Une multitude de mélodies peuvent alors être créées : à chaque balançoire a été attribué un son d'instrument, et selon la puissance du balancement les notes jouées sont là encore différentes. La coopération entre amis et/ou inconnus est par ailleurs vivement encouragée puisque certains sons ne peuvent être obtenus qu'en s'accordant à plusieurs. Pour la création d'une musique harmonieuse, il faut apprendre à s'écouter les uns les autres et à communiquer.
Pour un effet encore plus visuel et percutant, un système de lumières LED a été intégré aux sièges, ce qui n'a pas manqué de donner à l'installation une ambiance encore plus poétique et envoutante de nuit. 

L'exercice a été installé sur la Promenade des Artistes, une place particulièrement passante de Montréal sur laquelle trônent onze structures appelées "vitrines événements", sortes d'arches de couleur blanche destinées à accueillir des événements temporaires et œuvres d'art éphémères, et servant en l'occurrence pour ce projet de structure aux balançoires. Cet emplacement est d'autant plus stratégique qu'il a d'ailleurs pendant longtemps été nommé par les Montréalais le "chantier des spectacles", un nom prédestiné à accueillir des opérations artistiques et originales !

On assiste donc ici à une opération non-commerciale pleine de poésie qui a su créer une très grande animation autour de cette place québecoise. Outre son univers ludique et enfantin fort appréciable, sa valeur ajoutée réside également dans le fait qu'elle prône des valeurs fortes telles que la convivialité, l'amusement, la coopération et la communication pour parvenir à produire à plusieurs un résultat positif et agréable... Elle est un très joli exemple démontrant qu'il est possible de contrer l'individualisme grandissant de nos sociétés occidentales par des concepts, pourtant simples à la base, mais finalement terriblement ingénieux invitant les individus à s'ouvrir aux autres. 
Une initiation également très ludique à la découverte de l'art qui peut être perçue telle une réelle expérience sociétale, les deux designers ayant voulu démontrer ici comment un groupe d'individus peut travailler ensemble pour créer quelque chose de plus grand que s'ils travaillaient individuellement, la musique étant alors le fruit de cette coopération. 

A en juger par les photos d'illustration, cette opération nous démontre en tout cas que la musique et le rire sont bel et bien un langage universel. Et je parie que tous les grands enfants qui liront cet article espèreront à présent tout comme moi voir débarquer ce type de projet coopératif plus couramment en France afin que nous puissions (au nom de l'art bien évidemment !) renouer avec l'une de nos activités préférées d'enfance !

9 octobre 2011

Le fantôme de plastiques reviendra vous hanter...

Croyez moi ou pas, mais si vous vous avisez de gaspiller des sacs en plastique en les utilisant à tort et à travers ou pire, en les jetant n'importe où, ils reviendront aussitôt vous hanter... Et nos amis chinois et slovènes peuvent même vous le prouver !

Maintenant que j'ai réveillées certaines de vos plus anciennes peurs refoulées, je m'en voudrais largement d'être à l'origine de vos cauchemars... distillons donc quelques explications pour vous rassurer !

L'affirmation d'introduction de cet article est le nouveau message de Roots & Shots, un programme éducatif ayant pour objectif de sensibiliser et faire réagir les jeunes du monde entier aux problèmes environnementaux, et plus spécifiquement à l'impact dévastateur que l'Homme peut avoir sur la Terre. Ce programme est piloté par l'institut Jane Goodall qui œuvre en faveur de la protection de la biodiversité, l'aide au développement durable et l'éducation des jeunes de l'école élémentaire à l'université. Cette organisation non-gouvernementale a été fondée en 1977 et baptisée du nom de sa fondatrice, le Dr Jane Goodall, primatologue, éthologue et anthropologiste britannique de renommée internationale.

Revenons un peu maintenant à notre histoire de fantômes ! Dans le cadre de son programme de sensibilisation auprès des jeunes, Roots & Shoots a décidé d'éduquer sa population cible d'une façon très créative. Le programme a fait appel à l'agence Bates 141 basée à Shanghai pour mettre sur pied une opération mêlant astucieusement éducation avec un brin de terreur. Pour ce faire, il a été demandé à des étudiants chinois volontaires de collecter le plus possible de sacs plastiques inutilisés afin de confectionner un monstre géant. Une affiche a ensuite été réalisée sous forme de sac plastique et placée au pied du monstre pour expliquer la mise en scène : "Waste plastic bags and they'll come back to haunt you", soit en français "Gaspillez des sacs plastiques et ils reviendront vous hanter"...

Cette opération de communication chinoise combine savamment ambient marketing et projet participatif. L'ONG parvient ici à accroître l'impact de son message auprès des jeunes en les impliquant directement au projet, mais également auprès des passants qui ne sont très certainement pas restés de marbre devant cette œuvre assez effrayante ! 


Une mise en scène semblable avait également été réalisée un peu plus tôt dans l'année en Slovénie, dans la ville de Ljubljana pour être plus précise. Miha Artnak, un artiste slovène spécialisé dans le "street art", avait décidé de faire participer des écoles de la capitale slovène à la création d'une œuvre destinée à sensibiliser ses compatriotes sur les problématiques environnementales. 

Avec l'aide de 12 maternelles, 21 primaires, 4 lycées, 3 universités et quelques 500 habitants, pas moins de 40,000 sacs en plastique et 7,500 gobelets de la même matière avaient été récoltés pour confectionner une statue géante sous forme de pieuvre cette fois. Pour ajouter une dimension plus spectaculaire à la mise en scène, les tentacules de la bête avaient été longuement étirées jusqu'à parcourir les rues environnantes sur plusieurs centaines de mètres. 


Plus qu'un coup de communication astucieux, ces mises en scène visent à encourager concrètement les jeunes à agir de façon positive pour l'environnement et à adopter des comportements simples et quotidiens en faveur de l'écologie. A l'instar de la culpabilisation qui est l'outil fréquemment utilisé pour faire réagir les gens aux problèmes de société, la pédagogie représente probablement l'une des meilleures armes pour sensibiliser la population sur sa capacité d'action afin de parvenir à bâtir un monde plus respectueux. Car comme le prône le Dr Goodall : "Tout être vivant compte, chaque individu a un rôle à jouer, chacun peut contribuer à changer le cours des choses ».

Quelques faits à présent : 
    - seulement 1 à 3 % des sacs plastiques sont recyclés, soit un gâchis d'environ 72,000 tonnes de plastiques par an ;
     - la durée de biodégradation d'un sac plastique est estimée de 100 à 400 ans ;
     - sans parler du danger de cette forme de pollution sur la faune et la flore, ou même de la pollution visuelle qu'elle représente...

Cet impact néfaste sur l'environnement peut notamment être notablement limité grâce à l'utilisation de sacs réutilisables pour les courses diverses du quotidien. Enseigner aux enfants dès le plus jeune âge ces gestes simples paraît donc primordial pour encourager des comportements futurs plus responsables. 
Le recours à des opérations de communication dans la veine des deux exemples cités ci-dessus semble donc totalement judicieux. L'impact visuel de mises en scène aux dimensions extraordinaires est indéniable et ne manquera pas de faire réagir les petits comme les plus grands.


Sources :

2 octobre 2011

3.2.1... Prêts ? Partez à la chasse à l'or dans NYC avec New Balance !

Vous souhaitez revivre la grande épopée de la ruée vers l'or mais façon ère du numérique ?! Amis sportifs : munissez-vous de votre Iphone, enfilez votre tenue de sport la plus confortable, procédez à quelques étirements (faudrait pas se faire un claquage non plus...) et partez à toute allure dans une chasse au trésor endiablée en plein cœur de New York !

Cette idée complétement folle est sortie de l'imaginaire de New Balance, équipementier sportif originaire de Boston spécialisé dans la chaussure de course à pied, qui a décidé cet été de promouvoir sa boutique new yorkaise d'une manière pour le moins originale. La marque a souhaité appâter ses clients avec une offre très alléchante sous forme de chasse au trésor qui s'est déroulée du 10 août au 10 septembre dernier. Eh oui, désolée de vous avoir fait une fausse joie, vous pouvez retirer votre jogging, le jeu est bel et bien terminé depuis deux semaines... Mais l'idée étant fort sympathique (bien que nécessitant une bonne dose d'endurance !), je vais tenter de vous la faire revivre le temps d'un article.

Pour se familiariser avec les consignes du jeu, New Balance a tout d'abord publié les règles en images :
 

Quelques explications à présent pour les allergiques de la langue anglaise qui viennent de visionner la vidéo sans en comprendre un traître mot (je ne voudrais pas vexer mon lectorat, les pros de la langue de Shakespeare sont tout à fait autorisés, et même chaleureusement invités, à lire ce qui suit !).

1ère étape : New Balance vous invite a télécharger l'application pour Iphone Urban Dash, une application spécialement créée pour l'occasion et disponible sur la plateforme ultra-connue des amateurs du smartphone made in Apple : l'Apple Store.

2ème étape : Game on ! Réel et virtuel se confondent alors de façon plutôt géniale. Pendant un mois, New Balance a disséminé quotidiennement des bâtons virtuels au coeur de la Grosse Pomme dans les rues environnant sa boutique. Le but si vous avez décidé de participer : être le premier à trouver l'un des fameux bâtons grâce aux informations disponibles sur Urban Dash, et une fois l'objet convoité découvert, courir le plus vite possible le rapporter au magasin. Ces bâtons étant virtuels, dès que vous arrivez à l'un des endroits stratégiques c'est votre Iphone qui vous alerte que vous êtes en possession de l'objet convoité.
Mais attention, le jeu n'est pas si simple ! Tant que vous n'êtes pas arrivé dans la boutique New Balance, vous risquez à tout moment de vous faire dérober votre trésor puisque les différents joueurs peuvent se les voler via leurs téléphones respectifs. Si un autre participant connecté à l'application passe juste à côté de vous et arrive en premier dans la boutique, vous pouvez dire au revoir à votre bâton et à votre récompense...

Dernière étape : Après une lutte acharnée et sans merci, vous êtes bien le dernier détenteur du bâton. Certes vous avez dû sprinter comme jamais, contourner les obstacles de la jungle urbaine, voire peut être même faire trébucher les concurrents potentiels (esprit de compétition quand tu nous tiens...), mais le résultat est là, vous voilà enfin arrivé au numéro 150 de la 5ème Avenue, l'adresse du magasin. A présent vos efforts vont pouvoir être récompensés : vous n'avez plus qu'à présenter votre téléphone aux vendeurs, et en échange, vous repartez gratuitement avec une paire de baskets New Balance NYC 574 flambant neuve ! Pour une paire de chaussures qui vaut en magasin entre 50 et 115 dollars (soit entre 37 et 86 euros environ), on se dit que ça méritait bien quelques petits efforts...

Ca y est, arborant fièrement votre nouvelle paire de baskets vous vous auto-congratulez et vous dites qu'un peu de repos est maintenant amplement mérité puisque le jeu semble fini. Mais il n'en est rien, ne vous refroidissez pas trop vite car ça ne s'arrête pas là ! 
Pour finir en beauté, la marque a décidé d'offrir au participant ayant ramené le plus de bâtons virtuels un vrai bâton en or de 14 carats (rien que ça), estimé la coquette de somme de 20,000 dollars (15,000  € environ) !
De quoi vous donner la motivation suffisante pour chausser vos baskets favorites et partir faire une petite course à pieds non ? Et qui à dit que faire du sport ne payait pas ?!

Bien évidemment aujourd'hui toute opération de communication se doit d'être relayée au travers des réseaux sociaux pour accroître sa visibilité. Pendant toute la durée de l'opération, les actualités du challenge étaient détaillées sur la page Twitter de New Balance -@NewBalanceNYC-, ce qui a donc permis aux compétiteurs d'échanger leurs ressentis et de partager leurs expériences.

Le concept est en tout cas vraiment sympathique et associe plus qu'habilement marketing online et offline. Ce jeu grandeur nature très étudié a certainement procuré une bonne dose de divertissement à tous ses participants ! La marque est par ailleurs restée en totale cohérence avec ses valeurs en placant le sport, et plus précisemment la course à pieds, au centre même de l'opération et de l'expérience des participants.
Enfin, New Balance s'est donné les moyens de récompenser grandement les gagnants avec un argument marketing final imparable : l'appât d'un gain d'une valeur non négligeable ! Je pense que bon nombre d'entre nous aurait bien aimé se trouver à New York le mois dernier pour participer à ce challenge amusant.


A vrai dire, je n'étais pas très familière de cette marque d'équipements sportifs avant de découvrir son coup marketing new yorkais. Mais après m'être un peu plus penchée sur son site internet, je dois avouer qu'elle a su éveiller ma curiosité de par son positionnement anticonformiste et ses valeurs.

Quatrième marque mondiale de chaussures de sport, elle possède la particularité notable d'être la seule du marché à fabriquer ses chaussures uniquement en Europe et aux Etats-Unis, sa principale usine de production pour le marché européen étant située à Flimby en Angleterre. L'entreprise se refuse à délocaliser ses lieux de production dans les pays émergents proposant une main d’œuvre à faible coût, mais est au contraire désireuse de faire profiter localement des retombées positives en terme d'emplois que génère son activité. Pour le marché européen, son label "Fabriqué en Europe" lui confère d'ailleurs un avantage concurrentiel certain.
Très attachée à mettre en avant la qualité et le confort de ses chaussures, New Balance est également le seul fabricant à proposer depuis 1972 plusieurs largeurs par pointure pour ses chaussures techniques.
Enfin, argument marketing pour le moins suprenant, la marque se tient à une éthique spécifique en se déclarant "Sponsor de personne" ("Endorsed by No one" en anglais). Alors que la plupart de ses concurrents ont recours au "celebrity marketing" en payant des fortunes pour s'offrir des célébrités du monde du sport qu'elles affichent fièrement dans leurs campagnes de communication, New Balance refuse quant à elle de payer des athlètes pour qu'ils associent leur renommée aux produits de la marque. Elle explique que "si le produit est bon et bien conçu, il se vendra pour ses qualités et non parce qu’il est porté par une quelconque superstar payée pour le promouvoir". La marque ne cherche pas à crédibiliser ses promesses grâce à l'image positive qu'une célébrité peut posséder auprès du public, mais souhaite séduire ses clients potentiels et développer sa notoriété uniquement grâce à la qualité et à la performance de ses produits.

New Balance, une marque anticonformiste qui sort de l'ordinaire et possède une logique marketing bien à elle...

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