9 octobre 2011

Le fantôme de plastiques reviendra vous hanter...

Croyez moi ou pas, mais si vous vous avisez de gaspiller des sacs en plastique en les utilisant à tort et à travers ou pire, en les jetant n'importe où, ils reviendront aussitôt vous hanter... Et nos amis chinois et slovènes peuvent même vous le prouver !

Maintenant que j'ai réveillées certaines de vos plus anciennes peurs refoulées, je m'en voudrais largement d'être à l'origine de vos cauchemars... distillons donc quelques explications pour vous rassurer !

L'affirmation d'introduction de cet article est le nouveau message de Roots & Shots, un programme éducatif ayant pour objectif de sensibiliser et faire réagir les jeunes du monde entier aux problèmes environnementaux, et plus spécifiquement à l'impact dévastateur que l'Homme peut avoir sur la Terre. Ce programme est piloté par l'institut Jane Goodall qui œuvre en faveur de la protection de la biodiversité, l'aide au développement durable et l'éducation des jeunes de l'école élémentaire à l'université. Cette organisation non-gouvernementale a été fondée en 1977 et baptisée du nom de sa fondatrice, le Dr Jane Goodall, primatologue, éthologue et anthropologiste britannique de renommée internationale.

Revenons un peu maintenant à notre histoire de fantômes ! Dans le cadre de son programme de sensibilisation auprès des jeunes, Roots & Shoots a décidé d'éduquer sa population cible d'une façon très créative. Le programme a fait appel à l'agence Bates 141 basée à Shanghai pour mettre sur pied une opération mêlant astucieusement éducation avec un brin de terreur. Pour ce faire, il a été demandé à des étudiants chinois volontaires de collecter le plus possible de sacs plastiques inutilisés afin de confectionner un monstre géant. Une affiche a ensuite été réalisée sous forme de sac plastique et placée au pied du monstre pour expliquer la mise en scène : "Waste plastic bags and they'll come back to haunt you", soit en français "Gaspillez des sacs plastiques et ils reviendront vous hanter"...

Cette opération de communication chinoise combine savamment ambient marketing et projet participatif. L'ONG parvient ici à accroître l'impact de son message auprès des jeunes en les impliquant directement au projet, mais également auprès des passants qui ne sont très certainement pas restés de marbre devant cette œuvre assez effrayante ! 


Une mise en scène semblable avait également été réalisée un peu plus tôt dans l'année en Slovénie, dans la ville de Ljubljana pour être plus précise. Miha Artnak, un artiste slovène spécialisé dans le "street art", avait décidé de faire participer des écoles de la capitale slovène à la création d'une œuvre destinée à sensibiliser ses compatriotes sur les problématiques environnementales. 

Avec l'aide de 12 maternelles, 21 primaires, 4 lycées, 3 universités et quelques 500 habitants, pas moins de 40,000 sacs en plastique et 7,500 gobelets de la même matière avaient été récoltés pour confectionner une statue géante sous forme de pieuvre cette fois. Pour ajouter une dimension plus spectaculaire à la mise en scène, les tentacules de la bête avaient été longuement étirées jusqu'à parcourir les rues environnantes sur plusieurs centaines de mètres. 


Plus qu'un coup de communication astucieux, ces mises en scène visent à encourager concrètement les jeunes à agir de façon positive pour l'environnement et à adopter des comportements simples et quotidiens en faveur de l'écologie. A l'instar de la culpabilisation qui est l'outil fréquemment utilisé pour faire réagir les gens aux problèmes de société, la pédagogie représente probablement l'une des meilleures armes pour sensibiliser la population sur sa capacité d'action afin de parvenir à bâtir un monde plus respectueux. Car comme le prône le Dr Goodall : "Tout être vivant compte, chaque individu a un rôle à jouer, chacun peut contribuer à changer le cours des choses ».

Quelques faits à présent : 
    - seulement 1 à 3 % des sacs plastiques sont recyclés, soit un gâchis d'environ 72,000 tonnes de plastiques par an ;
     - la durée de biodégradation d'un sac plastique est estimée de 100 à 400 ans ;
     - sans parler du danger de cette forme de pollution sur la faune et la flore, ou même de la pollution visuelle qu'elle représente...

Cet impact néfaste sur l'environnement peut notamment être notablement limité grâce à l'utilisation de sacs réutilisables pour les courses diverses du quotidien. Enseigner aux enfants dès le plus jeune âge ces gestes simples paraît donc primordial pour encourager des comportements futurs plus responsables. 
Le recours à des opérations de communication dans la veine des deux exemples cités ci-dessus semble donc totalement judicieux. L'impact visuel de mises en scène aux dimensions extraordinaires est indéniable et ne manquera pas de faire réagir les petits comme les plus grands.


Sources :

1 commentaire:

  1. Je ne savais pas que Jane Goodall s'investissait dans ce type d'action. C'est une façon moderne de sensibiliser les gens au recyclage, j'aime bien.
    Pourquoi pas reprendre cette idée au moment d'Halloween dans les rues de Poitiers!?
    Educatif et percutant! Avis aux instit' locaux....

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