6 novembre 2011

Pour L'Oréal, Zombie Boy le vaut bien...

La transition avec l'article précédent sur Halloween est toute faite puisque nous allons nous intéresser à présent à un jeune homme affublé d'un pseudonyme pas du tout effrayant, qui vous inspire de suite la confiance la plus aveugle : Zombie Boy. Ce dernier s'est associé très récemment au groupe L'Oréal dans le cadre d'une campagne de promotion pour l'une de ses dernières gammes de produits. 
Mais pourquoi une industrie du cosmétique a-t-elle fait appel à cet individu au nom pas très engageant ? Parce qu'il le vaut bien... (elle était facile celle-là, je vous l'accorde !)

Les marques l'ont bien compris, il est possible aujourd'hui de s'assurer une visibilité mondiale en quelques heures si l'on parvient à délivrer un message original et décalé, bref si l'on parvient à surprendre le public. Une opération savamment orchestrée et relayée sur Internet pourra être très rapidement connue à l'échelle planétaire, grâce notamment à la facilité de diffusion d'informations apportée par les médias sociaux. La publicité est devenue virale, il est possible, sans dépenser des millions, de toucher un large auditoire à moindre coût : il suffit pour cela de laisser le public faire le travail tout seul, en le regardant partager la nouvelle avec ses contacts internet. Et on dit merci au web 2.0 !

Il y a quelques semaines, l'empire multinational du cosmétique L'Oréal, et plus précisemment sa marque Dermablend, s'est parfaitement illustré dans la réalisation d'une campagne virale bluffante. Tous les ingrédients étaient réunis pour que l'opération fasse du bruit : idée originale, utilisation surprenante du produit mis en lumière... Et puis surtout, une association avec un jeune homme prénommé Rick Genest, encore inconnu il y a peu, qui est parvenu à susciter un buzz énorme autour de lui grâce à une particularité physique pour le moins déroutante. Plus connu sous le nom de Zombie Boy, ce canadien de 26 ans est de la tête aux pieds recouvert de tatouages représentant le squelette humain. Repéré sur Facebook par Nicola Formichetti, la styliste de Lady Gaga, il a été convié à participer à l'un des clips de la chanteuse, pour ensuite être invité par Thierry Mugler à défiler dans notre capitale pour la collection Automne/Hiver 2011 du styliste. 
Une apparence qui ne passe pas inaperçue et suscite auprès du grand public de nombreuses interrogations, un partenariat donc idéal pour une marque qui souhaite s'assurer d'une campagne virale efficace. Artiste extrême ? Marginal tourmenté ? Qu'on aime ou pas l'extravagance du personnage devenu en très peu de temps coqueluche du monde de la mode, une chose est sûre, son profil extrême ne laissera pas indifférent et continuera de faire parler les personnes qui le découvriront.


Pour promouvoir sa gamme de maquillage correctif Dermablend Professional, la marque a décidé de communiquer sur l'efficacité de son produit en amenant la preuve, en vidéo, de sa couvrance extrême sur la peau. Cette gamme, disponible pour le moment uniquement sur le marché américain, est composée de fonds de teint, poudres et anti-cernes ayant la spécificité d'être hautement couvrants, et permettant alors de camoufler nombres de marques cutanées (cicatrices, tatouages, marques de naissance, défauts de pigmentation, ou autres imperfections cutanées), qu'elles soient légères ou plus sévères. Et quoi de mieux pour attester de l'efficacité des produits que de les utiliser directement sur une personne dont le moindre cm² de peau est recouvert de tatouages ? 
Dans le cadre de cette campagne, Zombie Boy a donc accepté de se faire maquiller le haut du corps et le visage avec des produits Dermablend Professional. Réalisé sans trucage, le résultat final est assez spectaculaire.


Une journée de tournage, quatre tubes de Leg and body tattoo prismer, de Leg and body cover et de poudre de la marque, ainsi que trois artistes maquilleurs auront été nécessaires pour couvrir les très nombreux tatouages de Zombie Boy, mais le résultat final est manifeste, le pouvoir ultra-couvrant de la gamme de produits correcteurs est indéniable. Après leur pose, impossible de deviner que l'homme est habituellement recouvert de dessins à l'encre indélébile. 
L'opération, intitulée "Go beyond the cover" (Allez au-delà des apparences), est un véritable coup d'éclat pour la marque. Le pari est réussi : en 24 heures, la vidéo postée sur Youtube a été vue plus de 500 000 fois et est devenue le huitième sujet le plus discuté sur le réseau social Twitter. Plus qu'un coup marketing brillant, le produit démontre ici qu'il tient ses promesses et peut apporter des résultats véritablement efficaces à ses futurs utilisateurs.
La campagne a été réalisée par Tuxedo, une agence-boutique Montréalaise offrant ses services en matière de support marketing et créatif. En plaçant en vedette un Zombie Boy complétement métamorphosé, au physique redevenu "ordinaire", l'agence a cherché à mettre en évidence l'importance qui est accordée aux apparences et comment celles-ci peuvent être trompeuses. Un petit appel à la tolérance qui nous montre que derrière un physique atypique se cache un être humain comme les autres.


Le résultat final de cette campagne est un véritable succès marketing. En se payant les services d'un personnage controversé et intriguant, la marque était donc quasi assurée de tirer parti de la notoriété croissante du jeune mannequin et de l'effet "buzz" qu'il suscite autour de lui.

Découvrez pour finir les coulisses du tournage de la campagne virale "Go beyond the cover" de Dermablend :
 

Sources :

2 novembre 2011

Astérix va vous faire frissonner !

Il m'est arrivé très récemment quelque chose d'assez inhabituel pour que je me doive de vous le raconter... Ce long week-end de la Toussaint avait pourtant débuté tout à fait normalement, jusqu'à ce que, lundi, je croise un fantôme, une sorcière, un zombie et un vampire... Mais quelle a bien pu être la raison de ces étranges rencontres ?
Réponse A : je suis tombée dans un état d'hallucination grave et plus que préoccupant ;
Réponse B : je suis devenue l'un des personnages principaux d'une énième série télévisée traitant de créatures effrayantes et surnaturelles ;
Réponse C : une autre raison.
Alors ?................ (pas évidente celle là, je vous l'accorde...) Réponse C bien évidemment, et cette autre raison c'est tout simplement "l'Halloween" ! 
Eh oui, pour ceux qui seraient passés à côté, ce lundi -soit le 31 octobre- a été célébrée à travers le monde la fête d'Halloween, tradition originaire des îles Britanniques durant laquelle citrouilles, déguisements et autres décorations effrayantes sont mis à l'honneur.

Extrêmement populaire dans les pays anglo-saxons tels que les Etats-Unis, l'Irlande, le Canada, ou encore le Royaume-Uni, cette tradition peine à s'imposer chez nous. Arrivée en France à la fin des années 90, cette fête folklorique anglo-saxonne était pourtant parvenue en quelques années à se hisser à la troisième marche du podium des fêtes commerciales de l'année. Cet engouement n'aura pas duré très longtemps et même rapidement commencé à s'étioler année après année, pour que l'on assiste aujourd'hui à un désintérêt progressif notable des français vis à vis de cette célébration. Certes Halloween continue de récolter un certain succès auprès des enfants (voire certains grands enfants...) qui en profitent alors pour se permettre un festival de sucreries, mais il est majoritairement perçu chez nous comme une fête purement commerciale destinée à combler les périodes creuses des commerçants avant les fêtes de fin d'année. Bref, un prétexte pour nous faire consommer toujours plus des choses superficielles et bien souvent inutiles en prétextant la célébration d'une tradition. 

Cette année encore, les preuves de cette fête étaient timidement visibles dans les rues où il était possible de croiser à l'occasion quelques ribambelles d'enfants affublés de costumes plus ou moins effrayants, ou encore de découvrir certaines vitrines de magasins ornées de décorations oranges et noires et de citrouilles, mais les mises en scène les plus élaborées sur ce thème étaient sûrement à chercher du côté de nos plus gros parcs à thème français. Argument marketing imparable pour ces acteurs : on surfe sur les fêtes de l'année aux symboliques fortes et de suite identifiables pour attirer et/ou faire revenir les visiteurs en leur proposant des contenus différents et adaptés à ces évènements, et ce, pendant de courtes périodes.
Le Parc Astérix s'est démarqué cette année grâce à une campagne web participative très amusante. En plus de parer ses allées d'ornements à l'image de la fête de Jack-O'-Lantern -la célèbre citrouille lanterne symbole d'Halloween-, le Parc a proposé à ses "sympathisants" une expérience interactive à faire pâlir pour communiquer à cette occasion.
Halloween c'est la fête de l'horreur, on cherche à se procurer quelques "gentils" frissons. Quoi de mieux pour ce faire alors que de se placer virtuellement, par le biais d'une petite vidéo made in Youtube, dans la peau d'une jeune fille poursuivie par un psychopathe armé jusqu'aux dents et apparemment peu enclin à vous épargner, en plein cœur d'un parc vide de toute  présence humaine, et bien évidemment, ambiance film d'horreur oblige, en pleine nuit ! 
Une fois le décor planté dans la vidéo d'introduction, on vous propose deux possibilités d'action. A vous alors de faire un choix et en fonction de celui-ci, la suite de l'histoire sera différente. Plusieurs autres décisions seront alors à prendre au cours du jeu. Bref, une fois encore, c'est vous qui orientez l'histoire de la façon que vous jugez la meilleure. Petite précision : le but final est bien évidemment de ne pas se faire tuer par le fou-furieux masqué qui vous a pris en chasse !

Vous allez me dire, une campagne interactive tirant profit de Youtube et des zones cliquables de ses vidéos, rien de bien nouveau... Comme nous l'avons déjà abordé dans des articles précédents, ce type de jeux en ligne mêlant vidéo et participation du webnaute est un concept qui a le vent en poupe ces derniers temps et qui est de plus en plus utilisé dans le cadre de campagnes web marketing. 
L'idée de base n'est donc certes ici pas totalement novatrice puisque nombre de marques se sont déjà lancées dans l'aventure advergame, mais le résultat est toujours aussi efficace et qui plus est, parfait pour se mettre dans l'ambiance d'Halloween et attirer l'attention sur le parc Astérix.
L'originalité de cette campagne participative réside dans le fait qu'elle se distingue des campagnes de promotion habituelles du parc d'attraction, qui est généralement plus enclin à communiquer sur le caractère familial de son offre. La vidéo possède au contraire un ton décalé, plein d'humour mais non sans un petit côté effrayant qui la différencie des messages habituels du dernier village gaulois.

Autre point fort de cette campagne web, c'est la cohérence parfaite avec le contenu "physique" proposé par le Parc pour Halloween. Outre les décorations tout droit sorties d'outre-tombe installées, il a prolongé l'expérience web jusque dans la réalité puisque le tueur à la serpe (dénué du penchant sanguinaire et psychopathe qui l'habite virtuellement bien évidemment !) a rôdé à maintes reprises dans les allées du parc durant les nocturnes dédiées à la fête. Et pour parfaire l'ambiance, il a été de plus proposé pour l'occasion une offre revisitée à la sauce effrayante en transformant une zone du parc en véritable terrain de la peur composé de : deux maisons hantées (dont l'une déconseillée au moins de 16 ans), cinéma 3D et ateliers de maquillage sur le thème vampires, morts-vivants and co. Bref, une visite qui avait de quoi vous dresser les cheveux sur la tête.

Les médias sociaux n'ont bien évidemment pas été mis de côté dans cette affaire, toutes les informations ont été relayées sur la page Facebook du Parc avec en prime la possibilité de se retrouver, prenant la pause aux côtés de notre cher psychopathe à capuche, en photo sur cette même page. Après chaque nocturne a en effet été publiée une série de clichés pris des visiteurs en "charmante" compagnie donc, le modérateur du compte invitant ensuite les stars d'un soir à se "tagger", c'est-à-dire à s'identifier sur la photo en y écrivant leur nom. 
On s'identifie sur la photo, on la diffuse auprès de ses contatcs Facebook, et hop, voilà une efficace campagne de marketing viral et de bouche à oreille électronique !

Cerise sur la gâteau, le parc a couplé son offre placée sous le thème de la peur avec un tarif spécial pour les groupes d'amis décidés à affronter cette ambiance "halloweenesque". Il leur est proposé par l'intermédiaire de son site web et de sa page Facebook d'organiser leur séjour à plusieurs en bénéficiant d'un tarif dégressif suivant le nombre d'amis partants pour l'aventure. A partir de 5 personnes, le prix d'entrée diminue.

Le parc s'est donc éloigné le temps de cette campagne de son premier cœur de cible, les familles avec enfants, pour miser davantage sur un public friand de sensations fortes : les adolescents et jeunes adultes. Le recours aux médias sociaux, une offre incitant à inviter le maximum d'amis pour bénéficier de tarifs préférentiels, la possibilité de se retrouver à l'issue de la journée en photo sur la page Facebook du Parc, le tout saupoudré d'une ambiance angoissante pleine de frissons et de monstres à faire frémir les plus téméraires... voilà une recette parfaite pour attirer un grand nombre de jeunes chez les gaulois le temps de cette campagne. 
Par ailleurs, qu'on adhère ou pas à cette fête d'Halloween, la proposition ponctuelle par un parc d'attractions d'univers nouveaux est toujours fortement appréciée par le public ; dans ces conditions, la mise en scène grandeur nature de cette tradition du 31 octobre apparaît comme tout à fait pertinente pour le Parc Astérix et ses autres confrères professionnels des activités de loisirs. 
Un pari ici original et amusant donc qui, en tout cas à mon sens, est parfaitement réussi pour le village du petit gaulois à moustache !

A vous de jouer à présent pour tenter de semer le serial killer et sauver votre vie... Amusez-vous, et puis, bonne chance surtout.....



Sources :
Parc Astérix
Le Parc 2 - L'expérience interactive avec de la peur dedans
Youtube - chaîne de fleshbook
Page Facebook du Parc Astérix
MinuteBuzz - La campagne participative du Parc Astérix pour Halloween

13 octobre 2011

Ca balance pas mal à Montréal !

Un peu de douceur dans ce monde de brutes... Souvenez-vous de cette époque bénie où, enfant, vous tentiez de vous envoler dans les airs, cramponné à votre balançoire, en vous élançant de toute votre force pour aller le plus haut possible ? Bon, vous êtes adultes à présent, vous avez bien maintes et maintes fois recroisé le chemin d'une (très tentante) balançoire mais avez toujours refréné votre envie de vous ruer dessus car vous pensez avoir (malheureusement) passé l'âge de pouvoir en toute liberté jouir de ce type d'amusement... Si vous vous reconnaissez ici, vous allez alors très sûrement apprécier l'opération canadienne suivante.
Nous allons sortir le temps de cet article de toute logique marketing destinée à promouvoir une marque, un produit ou une cause, pour nous concentrer sur un exercice à vocation artistique qui a beaucoup fait parler chez nos amis québecois. De par sa mise en scène grandeur nature et le buzz qu'il a suscité, j'ai eu envie aujourd'hui de vous parler de ce très joli projet.

Depuis quelques décennies, l'espace urbain s'est peu à peu muté en un milieu extrêmement chargé, bourré d'informations hétéroclites ayant complétement envahies nos rues. Sur-consommation, sur-information... en conséquence, on assiste à une véritable omniprésence des affiches publicitaires et autres billboards à caractère commercial dans notre environnement quotidien. Nous avons déjà vu dans plusieurs articles de ce blog que certaines campagnes d'affichage pouvaient être esthétiques et très bien pensées, mais la grande majorité d'entre elles est au contraire bien souvent sans grande qualité visuelle et peut parfois amener à dénaturer l'emplacement choisi. Mais ne blâmons pas non plus entièrement la publicité, elle n'est pas la seule cause de "déshumanisation" de notre environnement citadin. L'utilisation de chaque m² doit aujourd'hui être optimisée au maximum : buildings, parkings... tout est fait pour maximiser le potentiel économique des surfaces urbaines utilisables ; mais qu'en est-il au final de notre qualité de vie ? Face à toute cette surexposition d'informations, de béton et autres matériaux antagonistes du "naturel", un nouveau courant se développe depuis ces dernières années : il s'agit d'une véritable volonté de réappropriation de l'espace urbain par la population. Se réapproprier les villes c'est tout simplement rendre à notre environnement urbain un aspect plus humain, plus convivial, bref, plus agréable au quotidien. De la verdure, des espaces aérés moins suffocants, le recours à des matériaux naturels tels que le bois pour les constructions diverses, des aménagements plus gracieux... les solutions pour rendre nos villes plus respirables sont nombreuses et ont le vent en poupe.

En avril dernier dans le cadre d'un projet de réappropriation de l'espace urbain, deux artistes designers canadiennes, Mouna Andraos et Melissa Mongiat, ont eu l'idée d'inviter les habitants de Montréal de tous âges à revivre ce joli moment d'enfance qu'est l'utilisation d'une balançoire. A la frontière entre jeu, mobilier urbain, création musicale et expérience coopérative, l'opération a été baptisée "21 balançoires". Et pourquoi la balançoire ? Car selon les deux designers elle correspond à une manière pacifique de s'approprier l'espace public, elle est une invitation universelle à jouir de biens communs.

Mais en quoi consiste ce projet vous demandez-vous ? Alors, "21 balançoires" c'est un projet constitué de 21 balançoires installées en plein Montréal... (logique jusque là) Mais c'est surtout bien plus qu'un simple espace de jeux à disposition des badauds puisqu'il s'agit d'un véritable appel à la création musicale et à la coopération adressé à tous, sans distinction d'âge, d'origine, de milieu social, ou même de compétences en musique. 
L'idée : inviter les gens à participer à la composition d'une musique d'inspiration classique grâce à l'utilisation d'une dizaine de balançoires... 

Une multitude de mélodies peuvent alors être créées : à chaque balançoire a été attribué un son d'instrument, et selon la puissance du balancement les notes jouées sont là encore différentes. La coopération entre amis et/ou inconnus est par ailleurs vivement encouragée puisque certains sons ne peuvent être obtenus qu'en s'accordant à plusieurs. Pour la création d'une musique harmonieuse, il faut apprendre à s'écouter les uns les autres et à communiquer.
Pour un effet encore plus visuel et percutant, un système de lumières LED a été intégré aux sièges, ce qui n'a pas manqué de donner à l'installation une ambiance encore plus poétique et envoutante de nuit. 

L'exercice a été installé sur la Promenade des Artistes, une place particulièrement passante de Montréal sur laquelle trônent onze structures appelées "vitrines événements", sortes d'arches de couleur blanche destinées à accueillir des événements temporaires et œuvres d'art éphémères, et servant en l'occurrence pour ce projet de structure aux balançoires. Cet emplacement est d'autant plus stratégique qu'il a d'ailleurs pendant longtemps été nommé par les Montréalais le "chantier des spectacles", un nom prédestiné à accueillir des opérations artistiques et originales !

On assiste donc ici à une opération non-commerciale pleine de poésie qui a su créer une très grande animation autour de cette place québecoise. Outre son univers ludique et enfantin fort appréciable, sa valeur ajoutée réside également dans le fait qu'elle prône des valeurs fortes telles que la convivialité, l'amusement, la coopération et la communication pour parvenir à produire à plusieurs un résultat positif et agréable... Elle est un très joli exemple démontrant qu'il est possible de contrer l'individualisme grandissant de nos sociétés occidentales par des concepts, pourtant simples à la base, mais finalement terriblement ingénieux invitant les individus à s'ouvrir aux autres. 
Une initiation également très ludique à la découverte de l'art qui peut être perçue telle une réelle expérience sociétale, les deux designers ayant voulu démontrer ici comment un groupe d'individus peut travailler ensemble pour créer quelque chose de plus grand que s'ils travaillaient individuellement, la musique étant alors le fruit de cette coopération. 

A en juger par les photos d'illustration, cette opération nous démontre en tout cas que la musique et le rire sont bel et bien un langage universel. Et je parie que tous les grands enfants qui liront cet article espèreront à présent tout comme moi voir débarquer ce type de projet coopératif plus couramment en France afin que nous puissions (au nom de l'art bien évidemment !) renouer avec l'une de nos activités préférées d'enfance !

9 octobre 2011

Le fantôme de plastiques reviendra vous hanter...

Croyez moi ou pas, mais si vous vous avisez de gaspiller des sacs en plastique en les utilisant à tort et à travers ou pire, en les jetant n'importe où, ils reviendront aussitôt vous hanter... Et nos amis chinois et slovènes peuvent même vous le prouver !

Maintenant que j'ai réveillées certaines de vos plus anciennes peurs refoulées, je m'en voudrais largement d'être à l'origine de vos cauchemars... distillons donc quelques explications pour vous rassurer !

L'affirmation d'introduction de cet article est le nouveau message de Roots & Shots, un programme éducatif ayant pour objectif de sensibiliser et faire réagir les jeunes du monde entier aux problèmes environnementaux, et plus spécifiquement à l'impact dévastateur que l'Homme peut avoir sur la Terre. Ce programme est piloté par l'institut Jane Goodall qui œuvre en faveur de la protection de la biodiversité, l'aide au développement durable et l'éducation des jeunes de l'école élémentaire à l'université. Cette organisation non-gouvernementale a été fondée en 1977 et baptisée du nom de sa fondatrice, le Dr Jane Goodall, primatologue, éthologue et anthropologiste britannique de renommée internationale.

Revenons un peu maintenant à notre histoire de fantômes ! Dans le cadre de son programme de sensibilisation auprès des jeunes, Roots & Shoots a décidé d'éduquer sa population cible d'une façon très créative. Le programme a fait appel à l'agence Bates 141 basée à Shanghai pour mettre sur pied une opération mêlant astucieusement éducation avec un brin de terreur. Pour ce faire, il a été demandé à des étudiants chinois volontaires de collecter le plus possible de sacs plastiques inutilisés afin de confectionner un monstre géant. Une affiche a ensuite été réalisée sous forme de sac plastique et placée au pied du monstre pour expliquer la mise en scène : "Waste plastic bags and they'll come back to haunt you", soit en français "Gaspillez des sacs plastiques et ils reviendront vous hanter"...

Cette opération de communication chinoise combine savamment ambient marketing et projet participatif. L'ONG parvient ici à accroître l'impact de son message auprès des jeunes en les impliquant directement au projet, mais également auprès des passants qui ne sont très certainement pas restés de marbre devant cette œuvre assez effrayante ! 


Une mise en scène semblable avait également été réalisée un peu plus tôt dans l'année en Slovénie, dans la ville de Ljubljana pour être plus précise. Miha Artnak, un artiste slovène spécialisé dans le "street art", avait décidé de faire participer des écoles de la capitale slovène à la création d'une œuvre destinée à sensibiliser ses compatriotes sur les problématiques environnementales. 

Avec l'aide de 12 maternelles, 21 primaires, 4 lycées, 3 universités et quelques 500 habitants, pas moins de 40,000 sacs en plastique et 7,500 gobelets de la même matière avaient été récoltés pour confectionner une statue géante sous forme de pieuvre cette fois. Pour ajouter une dimension plus spectaculaire à la mise en scène, les tentacules de la bête avaient été longuement étirées jusqu'à parcourir les rues environnantes sur plusieurs centaines de mètres. 


Plus qu'un coup de communication astucieux, ces mises en scène visent à encourager concrètement les jeunes à agir de façon positive pour l'environnement et à adopter des comportements simples et quotidiens en faveur de l'écologie. A l'instar de la culpabilisation qui est l'outil fréquemment utilisé pour faire réagir les gens aux problèmes de société, la pédagogie représente probablement l'une des meilleures armes pour sensibiliser la population sur sa capacité d'action afin de parvenir à bâtir un monde plus respectueux. Car comme le prône le Dr Goodall : "Tout être vivant compte, chaque individu a un rôle à jouer, chacun peut contribuer à changer le cours des choses ».

Quelques faits à présent : 
    - seulement 1 à 3 % des sacs plastiques sont recyclés, soit un gâchis d'environ 72,000 tonnes de plastiques par an ;
     - la durée de biodégradation d'un sac plastique est estimée de 100 à 400 ans ;
     - sans parler du danger de cette forme de pollution sur la faune et la flore, ou même de la pollution visuelle qu'elle représente...

Cet impact néfaste sur l'environnement peut notamment être notablement limité grâce à l'utilisation de sacs réutilisables pour les courses diverses du quotidien. Enseigner aux enfants dès le plus jeune âge ces gestes simples paraît donc primordial pour encourager des comportements futurs plus responsables. 
Le recours à des opérations de communication dans la veine des deux exemples cités ci-dessus semble donc totalement judicieux. L'impact visuel de mises en scène aux dimensions extraordinaires est indéniable et ne manquera pas de faire réagir les petits comme les plus grands.


Sources :

2 octobre 2011

3.2.1... Prêts ? Partez à la chasse à l'or dans NYC avec New Balance !

Vous souhaitez revivre la grande épopée de la ruée vers l'or mais façon ère du numérique ?! Amis sportifs : munissez-vous de votre Iphone, enfilez votre tenue de sport la plus confortable, procédez à quelques étirements (faudrait pas se faire un claquage non plus...) et partez à toute allure dans une chasse au trésor endiablée en plein cœur de New York !

Cette idée complétement folle est sortie de l'imaginaire de New Balance, équipementier sportif originaire de Boston spécialisé dans la chaussure de course à pied, qui a décidé cet été de promouvoir sa boutique new yorkaise d'une manière pour le moins originale. La marque a souhaité appâter ses clients avec une offre très alléchante sous forme de chasse au trésor qui s'est déroulée du 10 août au 10 septembre dernier. Eh oui, désolée de vous avoir fait une fausse joie, vous pouvez retirer votre jogging, le jeu est bel et bien terminé depuis deux semaines... Mais l'idée étant fort sympathique (bien que nécessitant une bonne dose d'endurance !), je vais tenter de vous la faire revivre le temps d'un article.

Pour se familiariser avec les consignes du jeu, New Balance a tout d'abord publié les règles en images :
 

Quelques explications à présent pour les allergiques de la langue anglaise qui viennent de visionner la vidéo sans en comprendre un traître mot (je ne voudrais pas vexer mon lectorat, les pros de la langue de Shakespeare sont tout à fait autorisés, et même chaleureusement invités, à lire ce qui suit !).

1ère étape : New Balance vous invite a télécharger l'application pour Iphone Urban Dash, une application spécialement créée pour l'occasion et disponible sur la plateforme ultra-connue des amateurs du smartphone made in Apple : l'Apple Store.

2ème étape : Game on ! Réel et virtuel se confondent alors de façon plutôt géniale. Pendant un mois, New Balance a disséminé quotidiennement des bâtons virtuels au coeur de la Grosse Pomme dans les rues environnant sa boutique. Le but si vous avez décidé de participer : être le premier à trouver l'un des fameux bâtons grâce aux informations disponibles sur Urban Dash, et une fois l'objet convoité découvert, courir le plus vite possible le rapporter au magasin. Ces bâtons étant virtuels, dès que vous arrivez à l'un des endroits stratégiques c'est votre Iphone qui vous alerte que vous êtes en possession de l'objet convoité.
Mais attention, le jeu n'est pas si simple ! Tant que vous n'êtes pas arrivé dans la boutique New Balance, vous risquez à tout moment de vous faire dérober votre trésor puisque les différents joueurs peuvent se les voler via leurs téléphones respectifs. Si un autre participant connecté à l'application passe juste à côté de vous et arrive en premier dans la boutique, vous pouvez dire au revoir à votre bâton et à votre récompense...

Dernière étape : Après une lutte acharnée et sans merci, vous êtes bien le dernier détenteur du bâton. Certes vous avez dû sprinter comme jamais, contourner les obstacles de la jungle urbaine, voire peut être même faire trébucher les concurrents potentiels (esprit de compétition quand tu nous tiens...), mais le résultat est là, vous voilà enfin arrivé au numéro 150 de la 5ème Avenue, l'adresse du magasin. A présent vos efforts vont pouvoir être récompensés : vous n'avez plus qu'à présenter votre téléphone aux vendeurs, et en échange, vous repartez gratuitement avec une paire de baskets New Balance NYC 574 flambant neuve ! Pour une paire de chaussures qui vaut en magasin entre 50 et 115 dollars (soit entre 37 et 86 euros environ), on se dit que ça méritait bien quelques petits efforts...

Ca y est, arborant fièrement votre nouvelle paire de baskets vous vous auto-congratulez et vous dites qu'un peu de repos est maintenant amplement mérité puisque le jeu semble fini. Mais il n'en est rien, ne vous refroidissez pas trop vite car ça ne s'arrête pas là ! 
Pour finir en beauté, la marque a décidé d'offrir au participant ayant ramené le plus de bâtons virtuels un vrai bâton en or de 14 carats (rien que ça), estimé la coquette de somme de 20,000 dollars (15,000  € environ) !
De quoi vous donner la motivation suffisante pour chausser vos baskets favorites et partir faire une petite course à pieds non ? Et qui à dit que faire du sport ne payait pas ?!

Bien évidemment aujourd'hui toute opération de communication se doit d'être relayée au travers des réseaux sociaux pour accroître sa visibilité. Pendant toute la durée de l'opération, les actualités du challenge étaient détaillées sur la page Twitter de New Balance -@NewBalanceNYC-, ce qui a donc permis aux compétiteurs d'échanger leurs ressentis et de partager leurs expériences.

Le concept est en tout cas vraiment sympathique et associe plus qu'habilement marketing online et offline. Ce jeu grandeur nature très étudié a certainement procuré une bonne dose de divertissement à tous ses participants ! La marque est par ailleurs restée en totale cohérence avec ses valeurs en placant le sport, et plus précisemment la course à pieds, au centre même de l'opération et de l'expérience des participants.
Enfin, New Balance s'est donné les moyens de récompenser grandement les gagnants avec un argument marketing final imparable : l'appât d'un gain d'une valeur non négligeable ! Je pense que bon nombre d'entre nous aurait bien aimé se trouver à New York le mois dernier pour participer à ce challenge amusant.


A vrai dire, je n'étais pas très familière de cette marque d'équipements sportifs avant de découvrir son coup marketing new yorkais. Mais après m'être un peu plus penchée sur son site internet, je dois avouer qu'elle a su éveiller ma curiosité de par son positionnement anticonformiste et ses valeurs.

Quatrième marque mondiale de chaussures de sport, elle possède la particularité notable d'être la seule du marché à fabriquer ses chaussures uniquement en Europe et aux Etats-Unis, sa principale usine de production pour le marché européen étant située à Flimby en Angleterre. L'entreprise se refuse à délocaliser ses lieux de production dans les pays émergents proposant une main d’œuvre à faible coût, mais est au contraire désireuse de faire profiter localement des retombées positives en terme d'emplois que génère son activité. Pour le marché européen, son label "Fabriqué en Europe" lui confère d'ailleurs un avantage concurrentiel certain.
Très attachée à mettre en avant la qualité et le confort de ses chaussures, New Balance est également le seul fabricant à proposer depuis 1972 plusieurs largeurs par pointure pour ses chaussures techniques.
Enfin, argument marketing pour le moins suprenant, la marque se tient à une éthique spécifique en se déclarant "Sponsor de personne" ("Endorsed by No one" en anglais). Alors que la plupart de ses concurrents ont recours au "celebrity marketing" en payant des fortunes pour s'offrir des célébrités du monde du sport qu'elles affichent fièrement dans leurs campagnes de communication, New Balance refuse quant à elle de payer des athlètes pour qu'ils associent leur renommée aux produits de la marque. Elle explique que "si le produit est bon et bien conçu, il se vendra pour ses qualités et non parce qu’il est porté par une quelconque superstar payée pour le promouvoir". La marque ne cherche pas à crédibiliser ses promesses grâce à l'image positive qu'une célébrité peut posséder auprès du public, mais souhaite séduire ses clients potentiels et développer sa notoriété uniquement grâce à la qualité et à la performance de ses produits.

New Balance, une marque anticonformiste qui sort de l'ordinaire et possède une logique marketing bien à elle...

Crédits vidéo :

30 septembre 2011

King Kong envahit Los Angeles...

Juin 2011, plage de Santa Monica, des traces de pas géantes trônent sur le sable, juste à côté une voiture de sauveteurs complétement emboutie. Au même moment, le Dodger Stadium -l'un des stades de baseball de Los Angeles- semble complétement vidé de toute présence humaine, de la fumée émane des vestiaires, et surtout, on retrouve des traces de pas similaires en plein milieu de la pelouse. Mais qu'a-t-il bien pu se passer en Californie cet été ?! La raison : King Kong...

 
Pas de raison de paniquer, aux dernières nouvelles le gigantesque gorille n'a pas pris vie aux Etats-Unis, ou tout du moins, pas humainement parlant ! King Kong revient bien, mais en tant que la nouvelle attraction du parc d'attractions Universal Studio Hollywood (Los Angeles).
L'attraction King Kong 360° 3D a ouvert début juillet de cette année, elle est le digne successeur d'une ancienne attraction sur le gorille géant qui avait été détruite en 2008 durant un féroce incendie, incendie qui avait d'ailleurs à l'époque ravagé plusieurs plateaux de tournage et autres façades de décors d'Universal Studio. 

King Kong revient donc cette fois plus fort que jamais avec une attraction phénoménale dans laquelle le visiteur, équipé de lunettes, est immergé dans un univers entièrement en 3D, propulsé sur Skull Island (l'île imaginaire dont est originaire le monstre) et assiste au combat entre un King Kong de 7 mètres et un T-rex de 10 mètres. De quoi déjà procurer quelques sensations ! 
Pour la partie technique du show, assis dans un petit train dynamique réagissant en fonction de l'action environnante, le visiteur est entouré de deux écrans de 55 mètres de long et 12 mètres de haut qui se courbent autour de lui, le tout dans une ambiance sonore, visuelle mais également olfactive inédite. Cerise sur le gâteau, c'est le réalisateur du film éponyme sorti en 2005 qui a été chargé de la réalisation de l'attraction, Peter Jackson. Bref, pour les amateurs de parcs à thème, de sensations fortes et d'immersion totale, cette attraction va vite devenir incontournable...

Et il fallait bien une opération marketing à la hauteur du projet afin de communiquer sur ce nouvel événement. Pour le lancement de cette expérience 3D, le Parc d'attraction Universal Studio Hollywood s'est amusé à recréer les énormes empreintes de pas de King Kong sur le sable de la plage de Santa Monica pour simuler sa présence à proximité du Studio. Mais le monstre ne s'est apparemment pas arrêté là, il a également fait un petit détour par le stade de l'équipe de baseball des Dodgers où une fois de plus ses marques sont restées imprimées en plein milieu de la pelouse. 
Ces mises en scène effrayantes n'ont bien évidemment pas manqué de susciter la curiosité mais également des interrogations chez nombre d'habitants de Los Angeles ! Les retombées médiatiques ont par ailleurs été très positives puisque l'opération a attiré les télévisions du monde entier et a très clairement fait "buzzer" le web.

Cette action de guérilla marketing a été en tout cas parfaitement réussie. Même pour une "grosse machine" telle qu'Universal Studio, recourir à des dispositifs peu coûteux pour communiquer peut s'avérer à l'occasion très pertinent quand la créativité est comme ici au rendez-vous.
L'impact visuel de l'opération est fort, en totale cohérence avec l'attraction sur laquelle elle communique, l'effet voulu est garanti  et l'esprit du parc à thème est parfaitement respecté avec cette mise en scène démesurée ; bref le résultat est un véritable succès.

Une question existentielle demeure cependant en étudiant d'un peu plus près ce coup de comm'... King Kong a-t-il réellement six orteils à la patte gauche ?!



Découvrez les vidéos qui ont été tournées pour illustrer le passage du géant sur la plage de Santa Monica et dans le stade des Dodgers de Los Angeles :



Bande-annonce de l'attraction King Kong 360 3D, "il n'a jamais semblé aussi réel"... :


Crédits vidéos :
Sources :

28 septembre 2011

National Geographic revisite "Là haut" de Pixar.

Oh la belle maison volante ! Ou quand la fiction rejoint la réalité, ça peut donner parfois des résultats assez stupéfiants...

Vous connaissez peut-être "Là-haut" (ou "Up" pour nos amis anglophones), le dixième long-métrage d'animation en images de synthèse des studios Pixar sorti en 2009. 
Le synopsis : c'est l'histoire d'un vieux monsieur un peu bougon, anciennement vendeur de ballons, menacé d'expulsion du logis qu'il a jadis bâti avec sa défunte femme. Très attaché à la bicoque appelée à être détruite, il va entreprendre une opération folle pour la sauver : attacher des milliers de ballons de baudruche à son toit dans le but de s'envoler dans le ciel avec elle, et vivre enfin la vie d'aventures que sa femme et lui s'étaient toujours promise.

Ce très beau film a touché énormément de spectateurs, mais a également suscité un très grand élan d'imagination chez certains d'entre eux... La National Geographic Society, l'une des plus importantes organisations scientifiques et éducatives non-lucratives dans le monde, est justement de ceux là...
Pour info, cette société américaine a pour objectif de diffuser les connaissances géographiques tout en promouvant la préservation des ressources culturelles, historiques et naturelles mondiales. Elle a recours à plusieurs médias pour transmettre ses informations : la presse écrite avec son très connu magazine "National Geographic", paru pour la première fois en 1888, mais également la télévision avec sa "National Geographic Channel", chaîne télévisée disponible dans 153 pays (dont la France).

Le 5 mars dernier, la chaîne tv de NG a décidé de se lancer un pari totalement fou : recréer en grandeur nature la célèbre maison jaune de Pixar et pousser la ressemblance avec le film jusqu'à tenter de la faire s'envoler dans le ciel grâce à une multitude de ballons...


Bien évidemment, il est impossible de faire voler une vraie maison, une réplique grandeur nature de cinq mètres sur cinq considérablement allégée en poids a donc été réalisée pour l'occasion. Afin de réussir cette prouesse, National Geographic Channel s'est entourée d'une équipe de scientifiques, d'ingénieurs et de deux pilotes de ballons gonflables de classe mondiale. L'expérience s'est déroulée sur un terrain privé à l'est de Los Angeles, et a nécessité pas moins de 300 ballons-sondes multicolores -ballons habituellement utilisés dans les domaines de la météorologie- de 2,5 mètres de diamètre chacun, tous gonflés avec de l'hélium. Au final, l'opération a été un véritable succès, la maison-ballons (inhabitée au moment de son ascension) est parvenue à atteindre la hauteur de 3.000 mètres et a volé pendant environ une heure dans le ciel du désert californien.
Ce dispositif fou a même réussi à établir un record mondial, celui du vol du plus grand nombre de ballons !

Le projet entier a été filmé et va faire prochainement l'objet d'une nouvelle série anglophone baptisée "How hard can it be?" (en français : à quel point cela peut-il être compliqué ?) qui sera diffusée cet automne sur la chaîne National Geographic .
La société américaine a réalisé ici un formidable coup de publicité en utilisant l'image et l'histoire même d'un film à grand succès qui, lors de sa sortie en salles, avait été salué  très chaleureusement aussi bien par les critiques professionnels que par les spectateurs. 

Par ailleurs, selon Prisma Presse, l'éditeur de la version française du magazine NG,  le public de National Geographic est de nature sélective et haut-de-gamme. Le lectorat de la revue est composé majoritairement des jeunes, CSP+, aisés, éduqués et urbains, et avant tout adeptes de consommation qualitative ; le public visé actuellement constitue par conséquent un marché très ciblé. Ce bel hommage au film Disney/Pixar aura donc permis à NGS de communiquer en grand et de rendre sa marque visible auprès d'un public encore plus large.

Qui aurait pu croire finalement que le rêve de Carl Fredricksen, le protagoniste en images de synthèse du film, était dans la vraie vie tout à fait réalisable...?





Crédits vidéos et photos : 
Youtube - chaîne de siddhantsingh07 
Youtube - chaîne de InsideTheMagic
Disney/Pixar - Là-haut, site officiel
Sources :
Nat Geo Brings the Disney/Pixar Up! Balloon House to Life - site web de la National Geographic Channel

La promotion d'un club de tir à l'arc façon Guillaume Tell !

Qui a dit que pour communiquer efficacement, il était nécessaire d'avoir de gros moyens financiers à sa disposition ?

Certainement pas en tout cas le Slovak Archery Club, une école de tir à l'arc slovaque qui, souhaitant promouvoir sa discipline et sa structure mais ne possédant qu'un budget très limité pour communiquer à grande échelle, est parvenu à mettre en place une opération de street marketing assez géniale. 
A l'origine de ce coup d'éclat on trouve l'agence marketing Jandl. Ses créatifs ont en effet eu une idée particulièrement brillante pour conjuguer communication efficace et petit budget : disposer une pomme sur la tête des statues présentes dans les rues les plus passantes de Bratislava, la capitale du pays.

Une pomme, une tête, une pomme placée sur une tête, ça ne vous rappelle rien ? Bien sûr, vous aurez tous reconnu la référence évidente à Guillaume Tell transperçant de part en part avec son arbalète une pomme placée sur la tête de son fils. On pense à cette histoire et on fait automatiquement une association d'idées sur le tir à l'arc... intelligent non ? 

Afin d'assurer une visibilité maximum sur cette opération, un sticker à l'effigie du club a alors été collé sur chaque pomme, invitant les passants à se rendre sur sslk.sk, le site web de l'école de tir à l'arc. Et pour accroître l'efficacité du dispositif, un réapprovisionnement en pommes a  même été prévu tout au long de la journée dédiée à l'opération de communication. 

Une idée de prime abord très simple mais au final terriblement ingénieuse ! Pour pallier le frein financier, les créatifs ont savamment su tout miser sur une référence collective et une très grande originalité de concept. Les résultats ont d'ailleurs été à la hauteur de l'inventivité du dispositif : à l'issue de cette opération, le club a enregistré le plus grand nombre de demandes d'inscriptions depuis sa création ! 

Nous avons ici une action de guerilla marketing parfaite. Ce terme désigne un ensemble d'actions marketing non conventionnelles utilisées généralement par des annonceurs disposant de très petits budgets et ne pouvant par conséquent s'offrir les canaux traditionnels pour communiquer. En bref, comme le dirait Jay Conrad Levinson, l'auteur à l'origine même de ce terme : "le Guerilla Marketing, c'est pour les gens qui ont des rêves ambitieux pour leur activité, mais un petit budget à leur disposition". Et avec cet exemple slovaque, on se dit que de bien grandes choses sont possibles avec de très petits moyens...


Sources :