Sur ce blog Marketing Attitude, on aime tout particulièrement quand le marketing sort d'une logique strictement lucrative et se met au service des grandes causes. Et c'est justement dans cet esprit que s'est encore une fois distingué Greenpeace grâce à une campagne de communication de taille.
La très célèbre ONG qui agit à l'échelle mondiale en faveur de la protection de l'environnement a décidé de communiquer en grand pour sensibiliser l'opinion publique au problème alarmant de la fonte des glaces.
Pour la petite minute écolo, on soulignera que la fonte des glaces arctiques, phénomène auquel nous faisons face depuis trente ans, constitue l'un des impacts les plus visibles du réchauffement climatique. Ce problème est d'autant plus grave que la fonte de la banquise s'est notablement accélérée au cours de la dernière décennie, et même plus encore depuis les cinq dernières années. Il a d'ailleurs été établi par les scientifiques de l'Institut de physique environnementale de l'Université de Brême (Allemagne) que l'année 2011 battra le record du niveau minimum de la banquise en Arctique ; si la tendance se poursuit, la banquise pourrait alors complétement disparaître en période estivale d'ici trente ans. Ce triste record tire une fois de plus la sonnette d'alarme : le problème de réchauffement climatique doit plus que jamais être pris en considération par tout un chacun, nous ne pouvons plus fermer les yeux.
Greenpeace, connu pour ses campagnes "choc", s'est une fois de plus illustré en la matière par une initiative riche en significations. L'organisation a fait appel à John Quigley, spécialiste de l'art aérien, afin de réaliser une œuvre aux dimensions colossales. Dans l'Arctique, à 800 km du Pôle Nord, sur une surface de glace équivalente à pas moins de quatre piscines olympiques a été reproduit à partir de plaques de cuivre l'une des œuvres mythiques de Léonard de Vinci : l'homme de Vitruve, symbole de l'Humanité.
A dimensions extraordinaires, symbolique extrêmement forte. L’œuvre n'a été ici reproduite que partiellement, l'homme étant "amputé" d'une jambe et de ses deux bras droits, et ce n'est pas sans raison. Outre le symbole évident du recul de la banquise, J. Quigley a expliqué qu'il s'agissait d'une image de notre civilisation, dont le corps même, représenté ici par l'homme de Vitruve, est alors petit à petit littéralement dévoré par le réchauffement climatique.
Greenpeace n'en est pas à son coup d'essai avec cette campagne d'envergure. L'organisation apprécie tout particulièrement porter ses messages sur le devant de la scène grâce à des mises en scène énormes, originales, voire même "choc". A travers ses campagnes de communication, la logique n'est donc pas strictement lucrative : c'est le "marketing humanitaire". Certes l'effet "buzz" recherché tend à s'attirer la sympathique du public et à susciter une hausse du nombre d'adhérents couplé à une contribution financière de ces derniers, mais
l'objectif final constitue surtout à rallier un plus large public à sa cause afin de constituer
un contre-pouvoir de poids face aux grandes sources de pouvoirs, ces derniers étant les auteurs de
nombreuses décisions aux conséquences catastrophiques pour l'environnement.
Une fois de plus, voilà donc une campagne intelligente et très réussie qui, on l'espère, saura responsabiliser davantage l'opinion publique vis à vis de cette problématique.
Sources :




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